De quoi parle-t-on ?

La médiation numérique désigne l’accompagnement humain, qualifié et de proximité,

au service de l’inclusion numérique.

Elle s’inscrit dans des lieux pérennes ou éphémères où des liens s’organisent entre des individus médiateurs (experts, animateurs spécialisés, bénévoles, travailleurs sociaux initiés, médiateurs culturels, enseignants), et des collectifs humains (habitants, associations, entreprises, élèves, étudiants, parents, professionnels), autour d’outils numériques qui favorisent les coopérations.

La médiation numérique vise ainsi à soutenir les usages et développer la culture numérique de tous : dans une société en pleine transformation numérique, particuliers, professionnels, entreprises et collectivités doivent faire évoluer leurs pratiques.

Les professionnels de la Médiation numérique s’évertuent à développer le potentiel numérique de la population, et garantissent l’appropriation réussie des technologies numériques par les individus et les organisations.
L’adoption des services dématérialisés, le développement d’une culture entrepreneuriale, la recherche de débouchés pour les nouveaux services de territoires innovants, l’accès à l’acquisition de compétences numériques, la transition numérique des entreprises, sont autant de missions conduites par les acteurs de la médiation numérique, s’inscrivant dans le cadre des stratégies d’innovation des territoires.

Il n’est de transition, sans médiation numérique.

Vivre, travailler et évoluer dans un monde de plus en plus numérique demande une adaptation constante. Véritable accélérateur de transformation sociale, le numérique doit être inclusif. « Etre « inclus », c’est être citoyen, c’est pouvoir s’exprimer et agir sur son destin comme sur son environnement », déclarait le Conseil National au numérique dans le cadre de l’une de ses recommandations pour une politique nouvelle d’inclusion. Il stipulait encore : « Pour que la société numérique ne soit pas celle de la solitude, la médiation de proximité reste un moyen essentiel et durable. »

Qu’elles soient publiques, privées et associatives, toutes les initiatives de médiation numérique visent à accompagner les personnes vers l’autonomie. C’est un véritable enjeu de société : un enjeu d’équité.

Les champs d'intervention de la Médiation numérique

La Médiation Numérique : le clip

Notions

e-inclusion

« l’einclusion n’est rien d’autre que l’inclusion sociale et économique dans une société́ de la connaissance» ; elle désigne la participation effective des individus dans toutes les dimensions d’une société́ de la connaissance (…), la manière dont les technologies de l’information et de la communication contribuent à̀ développer la participation de tous à la société́. »

Groupe d’experts « eEurope » réuni par la Commission européenne, 2005

« Un double objectif :

  • réduire les inégalités sociales et, en particulier, les cas et les risques d’exclusion sociale, en mobilisant le numérique ;
  • s’appuyer sur le numérique comme véritable levier de transformation individuelle et collective. »

 Conseil National du Numérique

L’e-inclusion en actions

« De très nombreuses expériences et actions ne se contentent plus d’inviter leurs destinataires à franchir le “fossé numérique” : elles mobilisent le numérique pour reconquérir l’estime de soi, sortir de l’exclusion, retrouver des sociabilités, stimuler des comportements créatifs, inventer des actions solidaires et des reconfigurations démocratiques, outiller des projets personnels ou collectifs, recréer de la proximité et du lien humain sur les territoires. Relevant des innovations sociales, ou des innovations par la société́, par le social, par les communautés agissantes, ces projets portés par des collectivités, des associations et parfois des entreprises, débordent largement l’enjeu de l’usage du numérique. Celuici devient, non plus la fin, mais le moyen, le truchement par lequel se réinventent des formes collectives, contributives, et se révèlent les moteurs de ce que pourrait être une démocratie réellement inclusive. »

Conseil National du Numérique

L'illectronisme

ou l'illettrisme numérique

« De trop nombreuses personnes en France se retrouvent démunies par rapport aux outils numériques et à leur place toujours plus grandissante dans nos vies. L’illectronisme (le manque de connaissance ou d’accès aux outils numériques) toucherait près de 10 millions de personnes en France, ce qui a des conséquences sur l’accès à des infrastructures de plus en plus dématérialisées. »
Source : Art.  « Après l’illettrisme, comment détecter et soigner l’illectronisme » – Atlantico, septembre 2016

 

La notion d’illectronisme est évoquée dès 1997 dans le cadre du premier Plan d’Action Gouvernemental pour la Société de l’Information.

Le terme sera employé à la suite par Lionel Jospin alors premier ministre, lors d’un discours à Hourtin le 26 août 1999 pour la vingtième Université de la communication : « Il revient au service public de veiller au développement équilibré de ces technologies sur le territoire national et à l’égal accès de tous aux contenus essentiels que diffusent ces réseaux. A travers l’Ecole, en particulier, l’Etat peut prévenir ” l’illectronisme “, avant qu’il ne devienne un nouvel avatar de l’illettrisme. »

La définition du mot “illectronisme” fut donnée par Élisabeth Noël, conservatrice de bibliothèque. Le mot “illectronisme”, est un néologisme qui transpose le concept d’illettrisme dans le domaine de l’information électronique. L’illectronisme se définit comme l’incapacité à accéder aux contenus de l’information numérique et (ou) à les discerner. Les difficultés touchent ainsi à la pratique et à la manipulation de ces nouveaux outils ou au contenu et à la vérification des informations véhiculées. L’illectronisme fabrique une nouvelle forme d’illettrisme qui entraîne l’exclusion de certains publics et crée de nouvelles fractures.

« L‘illectronisme est un néologisme, traduction de information-illiteracy, qui transpose le concept d’illettrisme dans le domaine de l’information électronique : il s’agit d’un manque ou d’une absence totale de connaissance des clés nécessaires à l’utilisation et la création des ressources électroniques.

Deux types de difficultés éprouvées au niveau de la lecture et de l’accès à ces ressources : celles qui sont liées à la pratique et à la manipulation de ces nouveaux outils et celles qui sont liées au contenu et à la vérification des informations véhiculées. Des difficultés duales sont liées à l’écriture et diffusion de ressources.

L’illectronisme résulte aussi de craintes ou aversions : pour certains l’internet reste une arme, pour d’autres des choix de vie furtifs les empêchent de connaître les réseaux sociaux et les privent des usages de partages d’informations. Ces réticences relativement fondées dépassent la simple ignorance ou incapacité à accéder aux informations numériques. L’illectronisme se différencie de l’e-exclusion car il provient d’un manque de savoir et pas de moyen pour l’accès au domaine électronique. »

Source : https://my-definitions.com/fr/definition/illectronisme

 

Reconnu comme véritable source d’exclusion, « l’illectronisme » ou l’illettrisme numérique, est désormais reconnu en France dans le Code du Travail.

Pour encourager les entreprises à détecter et à prévenir l’illettrisme numérique de leurs employés, l’article L6321-1 du Code du travail invite l’employeur à : « proposer des formations qui participent au développement des compétences, ainsi qu’à la lutte contre l’illettrisme et l’illettrisme numérique ».

Lois de référence :

Loi du 17 décembre 2009 relative à la lutte contre la fracture numérique – Titre II : Prévenir l’apparition d’une fracture numérique dans le très haut débit

Loi du 7 octobre 2016 pour une République numérique – Titre III : l’accès numérique

Littératie numérique

« L’aptitude à comprendre et à utiliser le numérique dans la vie courante, à la maison, au travail et dans la collectivité en vue d’atteindre des buts personnels et d’étendre ses compétences et ses capacités »

OCDE – « La littératie à l’ère de l’information », 2000

Plusieurs types de compétences :

  • Instrumentales: manipulation des équipements et des interfaces,
  • Créatives et productives : concevoir, réaliser, modifier, réparer, etc.
  • D’environnement: trouver et comprendre des informations, analyser une situation ou un processus,
  • Réflexives: porter un regard critique sur la société́ informationnelle.

Conseil National du Numérique

« La littératie numérique n’est pas une catégorie technique qui décrit un niveau fonctionnel minimal de compétences technologiques, mais plutôt une vaste capacité de participer à une société qui utilise la technologie des communications numériques dans les milieux de travail, au gouvernement, en éducation, dans les domaines culturels, dans les espaces civiques, dans les foyers et dans les loisirs.

Utiliser, comprendre et créer constituent les 3 compétences clés de la littératie numérique. »

Michael Hoechsmann et Helen DeWaard, Centre canadien d’éducation aux médias et de littératie numérique

Culture numérique

« Ensemble de notions qui permettent de mieux comprendre le monde numérique et de pouvoir participer en conscience à ses choix et à son évolution plutôt que de le subir en se contentant de consommer ce qui est fait et décidé́ ailleurs. »

Conseil National du Numérique

« L’outil produit les pratiques et produit aussi le sens de ces pratiques, il modifie notre façon d’être au monde mais aussi notre « nature », car il change notre façon de comprendre, notre façon de gérer l’attention, notre façon de penser, notre perception du temps, de l’ennui et ainsi de suite. (…) Penser et créer un outil signifie donc déterminer des pratiques et, par le fait même, changer notre façon d’habiter le monde. »

Marcello VITALI-ROSATI – Université́ de Montréal

« La culture numérique est une culture où l’on peut se réinventer, en partage avec les autres. Les compétences en jeux sont d’importance : aux compétences classiques – lire, écrire, compter – s’ajoutent de nouvelles compétences telles que savoir créer, chercher et co-construire. La culture numérique est une culture de l’information. »

Divina Frau Meigs, Professeure à l’Université Paris III en sciences de l’information et de la communication

« La culture numérique favorise la co-construction et le partage car, de fait, ce qui est numérique est mémorisable et transmissible, dans le temps et dans l’espace. »

François Taddei, Directeur de recherche à l’INSERM

 

La culture numérique est enjeu d’employabilité  tout autant que de citoyenneté.

LES COMMUNS

Une renaissance d’un régime de propriété collective s'appuyant aujourd'hui sur une logique participative

« Les biens communs (ou simplement « communs »), sont des ressources, gérées collectivement par une communauté selon une forme de gouvernance qu’elle définit elle-même.  Au cœur de tout (bien) commun, il y a une ressource, qui peut être matérielle (rivière, potager, machine-outil…) ou immatérielle (savoir, logiciel, morceau de musique…).

La ressource seule n’est pas un commun. Pour qu’il y ait commun il faut qu’il existe une communauté locale (ex : jardin partagé) ou globale (ex : Wikipédia). La communauté gère les conditions d’accès à la ressource (Libre/réservé à la communauté, limité/illimité, gratuit/payant), organise sa maintenance et la présence contre les éventuels risquent qui la menacent (privatisation, comportements de « passagers clandestins », usages abusifs de la ressource).

La communauté s’auto-organise en reprenant ou inventant son mode de gouvernance :

  • Une organisation totalement horizontale ou comportant un certain degré de délégation,
  • Des licences pour définir le régime de droits de la ressource (créative commons, GPL, Odbl…),
  • Un ensemble de règles de fonctionnement formelles (code, charte, règlement…) ou informelle.

Les biens communs ne sont pas les biens publics, une zone de non droit ni LE bien commun (ex : intérêt général). »

Source : « Les (biens) communs – Contours et repères », Villes en biens communs, Réseau francophone des biens communs, mai 2013 – https://fr.slideshare.net/VEBC/biens-communs

Aller + loin : http://www.savoirscom1.info/2013/05/bien-communs-contours-et-reperes/

 

« L’eau, l’air, les ressources naturelles et les fonds marins, certains médicaments, le spectre hertzien, le numérique… peuvent être analysés comme des « Biens communs ». Nécessaires à tous, il convient d’en offrir l’usage à chacun. »

Extrait de l’ouvrage « Repenser les biens communs » coordonné par Béatrice Parange et Jacques Saint-Victor, Collection CNRS Economie, 2014.

 

« Des logiciels libres aux licences creative commons permettant l’accès et le partage des créations artistiques ou scientifiques au plus grand nombre, des plateformes ouvertes permettant l’autopartage des biens les plus variés aux garderies autogérées… Ces nouveaux communs qui tirent leur origine de formes très anciennes de « droits communaux » (garantissant l’accès à l’eau, aux pâturages, aux moulins à grains pour les communautés villageoises…), ouvrent ainsi des espaces neufs et permettent de repenser radicalement le droit de propriété tel qu’il était conçu et prévalait jusqu’ici. »

Extrait de l’ouvrage « Le retour des communs, La crise de l’idéologie propriétaire », sous la direction de Benjamin Coriat, Editions Le lien qui libère, 2015

Innovation sociale

« Des réponses nouvelles à des besoins sociaux nouveaux ou mal satisfaits dans les conditions actuelles du marché́ et des politiques sociales, en impliquant la participation et la coopération des acteurs concernés, notamment des utilisateurs et usagers.

Ces innovations concernent aussi bien le produit ou le service, que le mode d’organisation, de distribution, dans des domaines comme le vieillissement, la petite enfance, le logement, la santé, la lutte contre la pauvreté́, l’exclusion, les discriminations, etc.

Elles passent par un processus en plusieurs démarches : émergence, expérimentation, diffusion, évaluation ».

Conseil supérieur de l’économie sociale et solidaire (CSESS)

Capacitation ou « empowerment »

Pouvoir d’agir

L’empowerment, ou parfois autonomisation au Québec, est l’octroi de davantage de pouvoir aux individus ou aux groupes pour agir sur les conditions sociales, économiques, politiques ou écologiques auxquelles ils sont confrontés.

Le concept est né au début du XXe siècle aux Etats-Unis dans un contexte de lutte. Conçu alors comme gain de pouvoir face à un groupe dominant, le concept peu à peu a été utilisé dans une vision plus large et plus floue, proche de celle de la participation.

L’idée est désormais au cœur des politiques de lutte contre la pauvreté et de développement, notamment dans le cadre de politiques urbaines.

Pour Marie-Hélène Bacqué, sociologue et professeure d’études urbaines à l’université Paris-Ouest-Nanterre, il s’agit d’un processus par lequel un individu ou un groupe acquiert les moyens de renforcer sa capacité d’action, de s’émanciper.

Marie-Hélène Bacqué et Carole Biewener notent dans leur ouvrage consacré au concept que la notion d’empowerment apparait au cours des années 2000 en France comme « modèle-type de démocratie participative », une « démarche collective d’intervention sociale ».

Wikipédia

L’empowerment est un processus par lequel des individus vont se responsabiliser et se doter d’une conscience sociale, qui peut devenir collective, leur permettant de s’émanciper et de développer des capacités d’action pour se prendre en charge eux-mêmes, et changer leur environnement.

Emancipation individuelle et transformation sociale, collective, donc.

A quoi peut servir l’empowerment ?

  • A développer des contre-pouvoirs à l’usage des minorités, des « subalternes », à l’intérieur ou en marge des organes de représentation (partis, conseils municipaux, parlements…).
  • A remettre une partie du pouvoir d’agir aux mains des collectifs et communautés de base, dans les quartiers.
  • A reconnaître leurs expériences et capacités de création, d’organisation.

Mais « mise en œuvre dans une période d’affaiblissement des formes traditionnelles de structuration du mode ouvrier, [l’empowerment] reste une politique conduite et décidée par le haut, avant tout initiée par des professionnels », notent Marie-Hélène Bacqué et Carole Biewener.

Or, le pouvoir ne se donne pas (d’en haut vers le bas). Il se prend. By any means necessary ?

Journal officiel des banlieues « les 10 leçons sur l’empowermement de Marie-Hélène Bacqué » , Erwan Ruty, 2013

Tiers-lieux

« Un tiers-lieux ne se définit pas par ce qu’il est, mais par ce que l’on en fait ! »

Né d’une approche sociologique de nos territoires, le concept de tiers-lieux se développe en France et dans le monde à grande vitesse.

Ils sont destinés à être des espaces physiques ou virtuels de rencontres entre personnes et compétences variées qui n’ont pas forcément vocation à se croiser.

Le sociologue Américain Ray Oldenburg a introduit en 1989 la notion de tiers-lieux en s’intéressant à la naissance de nouveaux lieux, intermédiaires entre le domicile et le travail et adaptés à un style de vie urbain, individualisé et mobile.

Les « tiers-lieux » se développent dans le monde entier. Ni privés, ni publics, ils composent une solution hybride entre espace personnel et espace ouvert, domicile et travail, convivialité et concentration. Les tiers-lieux réunissent un certain nombre de conditions permettant les rencontres informelles et favorisant la créativité issue des interactions sociales, notamment à travers l’ouverture, la flexibilité, la viabilité, la convivialité et l’accessibilité. Les amis occasionnels, les habitants d’un quartier, les professionnels d’un secteur, peuvent s’y retrouver et en faire le carrefour de leur communauté. Parmi les utilisateurs réguliers, la conversation est le centre des activités et l’humeur est détendue.

Les rencontres informelles et familières dans ces lieux n’ont pas forcément à être planifiées entre les individus qui s’y croisent et s’y retrouvent. Les tiers-lieux peuvent être vus comme des lieux dits « de passage » qui attribuent un sens nouveau à l’espace et à la culture à travers les communautés qui se forment et se rassemblent, des réseaux qui se tissent et grandissent autour des usages que l’on en fait. Dans ce cadre, le « café du coin », le bar connecté, le squat d’artiste ou le centre culturel en tant qu’espaces publics servant de point informel de rencontre peuvent devenir des tiers-lieux selon l’usage qu’en font les individus qui les animent, occupent et visitent. Plus qu’une simple caractéristique spatiale, les tiers-lieux sont donc en grande partie le produit des relations humaines, des interactions créatives et des modes d’organisation sociale et professionnelle dominant les sociétés contemporaines.

Chaque « tiers-lieux » a sa spécificité, son fonctionnement, son mode de financement, mais tous favorisent la créativité, l’initiative et le partage. 

Un tiers lieu c’est 3 choses à la fois : un service, un outil et un processus !!

C’est fait par et pour des individus, des structures, des groupes et des communautés.

Movilab – http://movilab.org/

Humanités numériques

On parle souvent des Humanités numériques ou des Humanités digitales en référence au terme anglais, les Digital Humanities.

L’impact du numérique sur le travail intellectuel a donné naissance à un domaine d’expérimentation multiple qu’on appelle les « humanités numériques ».

Les humanités numériques (ou humanités digitales) sont un domaine de recherche, d’enseignement et d’ingénierie au croisement de l’informatique et des arts, lettres, sciences humaines et sciences sociales.

Elles se caractérisent par des méthodes et des pratiques liées à l’utilisation des outils numériques, en ligne et hors ligne, ainsi que par la volonté de prendre en compte les nouveaux contenus numériques, au même titre que des objets d’étude plus traditionnels.

Les humanités numériques s’enracinent souvent d’une façon explicite dans un mouvement en faveur de la diffusion, du partage et de la valorisation du savoir.

Wikipédia

« 1. Le tournant numérique pris par la société modifie et interroge les conditions de production et de diffusion des savoirs.

  1. Pour nous, les digital humanities concernent l’ensemble des sciences humaines et sociales, des arts et des Lettres. Les digital humanities ne font pas table rase du passé. Elles s’appuient, au contraire, sur l’ensemble des paradigmes, savoir-faire et connaissances propres à ces disciplines, tout en mobilisant les outils et les perspectives singulières du champ du numérique.
  2. Les digital humanities désignent une transdiscipline, porteuse des méthodes, des dispositifs et des perspectives heuristiques liés au numérique dans le domaine des sciences humaines et sociales. »

Manifeste des digital Humanities, THATCamp – Paris Mai 2010

Civictech

De nouvelles formes d’innovation démocratiques outillées par la technologie.

Le néologisme « civic-tech » regroupe des initiatives très variées. Ce qu’elles ont en commun : l’utilisation de la technologie et la volonté de changer notre rapport à la politique, en mettant le citoyen au cœur de la société et du débat démocratique. (…)

La civic-tech en quête d’une définition

« Les civic-tech sont un mouvement qui vise à revitaliser et transformer nos institutions sociales, explique l’investisseur Marc Andreessen, mais les définitions en proposent des interprétations assez différentes les unes des autres. » Cette instabilité linguistique est le corollaire inévitable de la diversité des initiatives qu’elle veut recouvrir. Des mouvements sociaux tels que Nuit debout (du moins dans leur très importante dimension numérique) aux applications de débat et de vote comme DemocracyOS en passant par des sites tel Parol, qui permet de suivre en temps réel l’écriture des lois en débat, les technologies civiques recouvrent une ribambelle d’outils et de positionnements difficilement synthétisables.

Certains, comme la Knight Foundation aux Etats-Unis, en ont une vision très large, incluant dans toutes les « technologies civiques » tout projet à finalité ouvertement citoyenne, jusque la consommation collaborative, le crowdfunding et l’open data. D’autres, plus nombreux, notamment en France, privilégient à l’instar de l’entrepreneur Valentin Chaput, « une définition plus restrictive de la civic-tech », qui « englobe toutes les initiatives publiques, associatives ou privées qui concourent à renforcer l’engagement citoyen, la participation démocratique et la transparence des gouvernements ». La civic-tech se distinguerait ainsi de la « pol-tech » (outils des partis et mouvements politiques pour améliorer leurs campagnes) et de la « gov-tech » (plateformes mises en place par les institutions).

Extrait Article « La « civic-tech » : une révolution démocratique ? » Digital Society forum, novembre 2016 – https://digital-society-forum.orange.com/fr/

 

« Des réponses qui visent à nous faire passer d’une culture de la délégation à une culture de l’action, où un certain nombre de citoyens cherchent, via les nouvelles possibilités qu’offre la technologie notamment, à devenir acteurs de l’intérêt général. »

Armel Lecoz, designer et co-fondateur de Démocratie Ouverte, le collectif francophone des transitions démocratiques.

Les 7 grandes familles identifiées par Armel Lecoz :

  1. « Les citoyens autonomes »

Cette famille s’incarne dans des formes d’innovations auto-organisées. Elle se caractérise par une forte défiance, voire une colère, vis-à-vis des institutions. Pour ceux qui incarnent cette famille, l’important est de participer aux actions plus qu’aux décisions, d’agir.

Colibris, Zèbres, Alternatiba….

  1. « Les révolutionnaires »

Des acteurs qui refusent le fonctionnement du système politique et institutionnel actuel. Ils cherchent à déstabiliser voire hacker le système via les élections ou la pression populaire. Ils veulent mettre en place d’autres règles du jeu, ils rêvent d’un autre fonctionnement pour la société.

NuitDebout, les citoyens constituants, la primaire des français, MaVoix…

  1. « Les formateurs »

Des acteurs souvent issus de l’éducation populaire, de la médiation numérique, du théâtre ou des pédagogies alternatives qui cherchent avant tout à diffuser une culture du collaboratif, une pédagogie de l’autonomie et de la responsabilité.

L’Université du Nous, Osons causer, Le Pavé, Le Contrepied, La Trouvailles, Coop-cité, Liberté Living Lab, ….

  1. « Les transformateurs »

Ils cherchent, eux, à changer le système de l’intérieur. Ils travaillent auprès des institutions et des décideurs pour les aider à changer de méthode, de modes d’organisation ou de posture. Ils utilisent la formation et les méthodes d’accompagnement au changement.

Territoires hautement citoyens, Secrétariat Général pour la Modernisation de L’action publique (SGMAP), Etalab, Plausible possible…

  1. « La démocratie participative traditionnelle »

Une démocratie d’origine institutionnelle, à l’initiative des collectivités et des administrations, cherchant à développer des modalités de participation citoyenne.

Les conseils de quartiers, les conseils de jeunes, d’anciens, de citoyens, de développement ou les expérimentations de budgets participatifs.

  1. « Les geeks »

Une famille reposant leurs actions sur des outils purement et nativement numériques. Même si elle s’incarne le plus souvent dans des outils, la promesse repose avant tout sur d’autres types de fonctionnements inspirés par le web et les réseaux…

Change.org, We Sign, Avaaz, Tell my City, Parlement&Citoyens, Questionnez vos élus, la Fabrique de la loi, le Drenche, Fullmobs, Stig…

  1. « Les fédérateurs »

Des organisations qui cherchent à fédérer les initiatives, qui organisent événements, rencontres et débats, travaillent à acculturer les acteurs et les décideurs.

Démocratie ouverte, Institut de la concertation, Décider ensemble, Union nationale des acteurs et structures du développement local, Groupement national des initiatives et acteurs citoyens…

 

Smart City

ou Ville Intelligente

« La Smart City, smart cité ou ville intelligente consiste globalement en l’optimisation des coûts, de l’organisation, du bien-être des habitants. (…)

  1. La donnée est au service des citoyens.Son traitement intelligent repose sur des principes participatifs et de transparence. Son action est une réponse à leurs attentes et leurs intérêts.
  2. Pour être smart, la ville s’appuie sur plusieurs projets data impliquant différents opérateurs urbains. (…)

Les données 

L’analyse et la valorisation des données offre aux villes la possibilité de gérer finement leurs leviers économiques, environnementaux, citoyens… Cette gestion intelligente, c’est la capacité de mettre en lien ces leviers, de leur permettre de « performer » non plus individuellement, mais en les reliant les uns aux autres. (…)

Interopérabilité des données

La diversité des sources, des données, de leur volumétrie, des nombreux acteurs, nécessite un pilotage mené par la ville. La gouvernance et le partage de ces données sont deux principes fondamentaux pour :

  • Visualiser et comprendre le fonctionnement, les consommations de la ville et discerner les dysfonctionnements,
  • Faire émerger de ces informations des besoins auxquels il convient de trouver de nouveaux usages et de nouveaux services dits « intelligents ».

Les réelles conditions de succès résident dans l’interopérabilité des données, à savoir l’accès et le partage de toutes les données via des formats standards. L’enjeu consiste à rendre les données disponibles dans un format lisible et exploitable par les acteurs (OPEN DATA). »

OPENDATASOFT

« C’est une ville futée avec la technologie au service de l’homme dont nous avons besoin ! Pour aller au bout de cette révolution et des profondes transformations qu’elle implique, il est cependant nécessaire de réinventer le numérique, en le pensant non plus à partir des objets technologiques, mais à partir des usages et services nouveaux qu’ils rendent possibles. »

Carlos Moreno, Professeur des Universités, expert international de la Smart City humaine

Living Lab

Un Living Lab est une méthode de recherche en innovation ouverte qui vise le développement de nouveaux produits et services. L’approche promeut un processus de cocréation avec les usagers finaux dans des conditions réelles et s’appuie sur un écosystème de partenariats public-privé-citoyen.

Phénomène initié à la fin des années 1990 au M.I.T. Media Lab, puis développé́ en Europe avec la création en 2006 d’un réseau européen des Living Labs (ENoLL), il existe aujourd’hui plus de 340 Living Labs dans plus de quarante pays à travers le monde.

Si le mouvement des Living Labs gagne autant en popularité́, c’est que cette méthode présente plusieurs avantages :

– une réduction des cycles de développement et de mise en marché de produits et services,

– une réduction des risques de développement,

– une meilleure appropriation des produits et des services par les usagers,

– une connexion plus riche avec les usagers permettant d’enrichir le processus d’innovation dans son ensemble.

Les Living Labs ont comme objectif de répondre à des problématiques concrètes dans une variété́ de domaines allant de l’agriculture à la santé, en passant par le tourisme, l’environnement et la démocratie participative.

Nouvelles méthodologies de recherche non plus centrées sur l’usager, mais bien « portées par l’usager », les Livings Labs permettent la formulation, le prototypage, la validation et le raffinement de solutions complexes à travers l’expérimentation dans des contextes de vie réelle.

En effet, en plaçant les usagers au même niveau que les autres parties prenantes, les Living Labs permettent de développer de nouveaux produits et services conformes à leurs besoins et désirs. De plus, l’expérimentation conduite directement dans des contextes de vie réelle permet une appropriation plus efficace des innovations.

Dans un contexte où les organisations font face à des environnements d’affaires de plus en plus imprévisibles et turbulents, où les villes du monde entier font face à des problèmes d’urbanisation et où les citoyens souhaitent contribuer aux solutions envisageables, les Living Labs apportent une toute nouvelle réponse aux enjeux d’innovation contemporains.

 

Extrait de « Qu’est-ce qu’un living lab ? », Le livre blanc des Living Labs, par Patrick Dubé, Joëlle Sarrailh, Christophe Billebaud, Claire Grillet, Virginie Zingraff, et Isabelle Kostecki – Umvelt, 2014

Open data

Des données ouvertes au service des citoyens

L’open data ou donnée ouverte est une donnée numérique dont l’accès et l’usage sont laissés libres aux usagers. Elle peut être d’origine publique ou privée, produite notamment par une collectivité, un service public (éventuellement délégué) ou une entreprise. Elle est diffusée de manière structurée selon une méthode et une licence ouverte garantissant son libre accès et sa réutilisation par tous, sans restriction technique, juridique ou financière.

Wikipédia

Aller plus loin :

Spot de présentation de la démarche d’ouverture des données numériques publiques, initié par LiberTIC

Salon Vivatech 2016 – “La France est pionnière en matière d’Open data”

Sur le Big Data :

Les enjeux du big data – Futuremag, ARTE

Big data : données, données, donnez-moi ! – #DATAGUEULE 15